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mardi 2 août 2016

PARENTS ET ENFANTS, SOYEZ VOUS-MEMES



Plus que n'importe qui d'autre, les parents ont besoin de trouver le point d'équilibre entre leur rôle auprès de leurs enfants et leurs autres missions.

Hier quelqu'un m'a parlé d'une mère qui a un fils de quarante ans lequel est littéralement en train de la tuer à petit feu. Cela m'a profondément secouée et remis en mémoire des choses de mon passé et d'autres dont j'ai été plus ou moins témoin. J'ignore (ou plutôt, je ne me souviens pas) si j'en ai rêvé pendant la nuit, mais le fait est que, ce matin, certaines idées, certains concepts se trouvaient face à moi, clairs comme de l'eau de roche.

Je revoyais une personne qui m'est proche qui, après une dizaine d'années d'un mariage mal assorti et de violences verbales (elle a toujours nié que son mari l'ait battue) est arrivée à la certitude que, si elle restait avec cet homme, elle finirait ses jours dans un asile psychiatrique. Vous savez tous sans doute qu'il y a des paroles qui peuvent tuer ou rendre fou quelqu'un de sensible.

Jusque-là, elle n'avait jamais accepté l'idée d'un divorce. Ils avaient un enfant de sept ans et, comme toutes les mères non éclairées, Aurore croyait devoir se sacrifier pour le petit. Elle n'était pourtant pas assez résistante pour continuer à subir la vie qu'elle menait avec Georges sans de graves dommages. Celui-ci la dominait à tel point qu'elle ne croyait plus en elle-même. Alors, contre l'avis de sa famille catholique traditionaliste qui condamnait le divorce, elle se décida un jour à quitter son mari.



Son bon sens avait fini par lui suggérer que son sacrifice était inutile et que, quand ce qui lui restait de courage et d'endurance l'aurait quitté, elle ne serait plus utile pour son enfant, pas plus que pour son mari ou pour elle-même. Alors elle s'en alla en claquant la porte.

Elle ne comptait sur l'appui de personne et n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle allait faire. Comme un vieux disque cassé qui répète toujours la même phrase, tout ce que son âme pouvait lui dire était :

"Mets de la distance entre Georges et toi. Il y va de ta santé, de ton équilibre et peut-être de ta vie."

Sa mère l'hébergea quand même pour quelque temps, jusqu'à ce qu'elle trouve un travail, ce qu'elle fit assez vite. 

Dès qu'elle eut assez d'argent, elle loua un petit appartement qu'elle meubla de façon spartiate, en lui ajoutant petit à petit un peu plus de confort. Chez sa mère tout le monde s'était montré aimable, ce qui ne l'empêchait pas de ressentir un embarras, une impression de non appartenance. Sa place n'était plus là.

Le divorce fut prononcé contre elle, non seulement parce qu'elle était partie en laissant son mari seul avec l'enfant, mais aussi parce qu'elle devait travailler à l'extérieur cinq jours sur sept et son foyer n'avait pas le confort nécessaire à l'enfant. 

Lorsqu'elle me raconta tout cela, quelques années plus tard car entre-temps j'avais vécu dans une autre ville, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que la Justice est parfois bien curieuse dans sa façon d'évaluer les situations. 

Douze ans plus tard, cette même femme a dû faire face au problème d'alcoolisme de son fils. Son père étant décédé, l'adolescent était venu habiter chez Aurore, dans la ville à l'étranger où elle s'était fixée. 

Elle s'est trouvée une fois de plus face à une situation qu'elle ignorait comment gérer et pour laquelle en ce temps-là il y avait très peu d'aide des entités qui auraient dû se sentir concernées. Elle essaya tout, depuis les appels au bon sens du garçon, à son instinct de conservation, jusqu'à la menace de lui couper les vivres.

Parfois il promettait de changer et tenait bon pendant quelques jours, jusqu'à ce que les 'copains' viennent le relancer. Il n'allait plus en classe et se faisait vite renvoyer des petits postes de travail que sa mère lui trouvait. Il demandait tout le temps de l'argent à la pauvre Aurore. Elle n'en gagnait pas beaucoup mais finissait toujours par céder, de peur qu'il se mette à voler comme un de ses camarades qui avait fini en prison. 

Lorsqu'elle s'aperçut que son compte en banque lui permettait tout juste de payer ses factures et qu'elle n'en avait même plus assez pour les nourrir tous les deux, elle comprit qu'elle devait résoudre le problème avant que la situation ne dégénère davantage.

Pour la deuxième fois de sa vie elle se trouvait confrontée à un terrible dilemme : Quitter son fils ou sombrer avec lui. 

Elle choisit un moment où il était plus ou moins sobre et lui lança un ultimatum :

"Notre situation est devenue intenable. Ne pouvant pas compter sur tes promesses, j'ai décidé de retourner au pays. J'espère que tu m'accompagneras,  sans quoi tu devras te débrouiller tout seul. Si tu es décidé à gâcher complètement ta vie, je n'y peux rien et j'ai mieux à faire de la mienne que la sacrifier inutilement."

Il avait alors 19 ans et était donc majeur selon la loi.

Ils se séparèrent et elle partit, la mort dans l'âme. Elle mena une vie tranquille en dépit de son coeur brisé.

Quant à son fils, il gaspilla sa jeunesse et seulement lorsqu'il fut devenu sobre avec l'âge et quelques expériences cuisantes il reprit une vie normale, gardant pourtant des séquelles dont il n'est pas sûr qu'il guérira un jour. C'est étrange comme dans certaines familles les drames se reproduisent, sa propagent aux différents membres comme une épidémie. De nos jours on appelle cela psychogénéalogie. Je crois qu'l s'agit de karma collectif qui attirait quelques êtres à se réunir dans des vies successives pour connaître les mêmes tragédies, et ceci jusqu'à ce qu'ils en comprennent la leçon. 

Je demandai à mon Maître pourquoi une brave femme comme Aurore avait dû faire des choix aussi difficiles deux fois dans sa vie. Je vous transmets sa réponse, dans l'espoir qu'elle aidera d'autres personnes se trouvant dans des situations similaires. 

"Ton amie avait besoin de comprendre que l'amour de soi est primordial et que l'on ne doit pas sacrifier sa vie et son énergie aux caprices et désirs de domination d'autrui.

D'autre part, le rôle de parent est essentiel à la survie et à l'évolution du petit enfant, mais devient de moins en moins important avec la croissance du jeune, car son principal apprentissage est celui de l'autonomie.

Il y a des parents qui démissionnent trop tôt, pensant à tort qu'il incombe aux professeurs de poursuivre leur tâche. On voit trop souvent le résultat désastreux de ce comportement chez des jeunes dont les valeurs morales sont sens dessus dessous. 

D'autres, au contraire, prennent leur rôle de parents tellement à coeur qu'ils se sentent obligés de régenter l'existence d'hommes et de femmes de vingt ou parfois quarante ans.

Ce qu'il faudrait sans doute que les uns et les autres comprennent c'est que chacun vient sur la Terre avec un plan de vie et que celui-ci les invite à jouer simultanément plusieurs rôles  de façon équilibrée. 

On ne vient pas au monde que pour être mari ou épouse, ou exclusivement mère ou père ou l'enfant de quelqu'un. On à toujours d'autres aspects de la vie terrestre à perfectionner. Le plus important de tous est d'apprendre à être soi-même, à réussir son  passage sur cette planète POUR SOI-MEME EN PREMIER. Ceci est aussi valable pour les parents que pour les enfants.

Ils sont cependant de plus en plus nombreux les jeunes qui refusent de sacrifier leur mission de vie à la tyrannie consciente ou inconsciente de leurs géniteurs. Ils ont raison, et quoiqu'ils vivent ensuite de succès ou d'échecs, ils suivent leur chemin personnel et vivent LEUR VIE. Ceci ne les empêche pas d'apporter à des parents devenus malades ou âgés toute l'assistance que leur vie leur permet, sans toutefois renoncer à celle-ci."

Il dit encore :

"La personne dont tu parles avait, dans des vies passées, manqué de cet amour de soi et s'était faite dominer. Elle avait adopté de façon presque permanente le rôle de victime. Il lui fallait donc apprendre à réclamer son  autonomie, ses droits d'Etre Divin. Elle l'a fait à deux reprises. Aussi dur que cela ait été, elle a ainsi débloqué un passage qui empêchait son avancée. C'est comme si elle avait enfin ouvret une porte qu'elle n'avait jamais osé franchir. Es-tu satisfaite de cette explication?"

"Ô, oui, Maître. Je vous rends grâce, pour moi et pour tous ceux qui bénéficieront de ces Vérités."



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